"Ils venaient chez moi : " c'est vous Favino ? " ils s'attendaient
        à trouver une usine. Ça a fonctionné par le ' bouche
        à oreille ', les seules guitares exposées l'étaient
        par Beuscher ou Major Conn. Sinon, pas de salon, pas de pub directe.
        Ma pub, c'était les clients, parfois, on me faisait des articles
        dans les magazines spécialisés." (J.Favino)



Fév. 2006 / GUITARIST ACOUSTIC N°8 / Brassens et Favino - Par Max Robin

Mars 2003 / GUITARIST MAG Jean-Pierre Favino De père en fils Par Max Robin

Guitares & claviers Les petites casquettes Yves Duteil P. Lafitan

Oct. 99 / Rustica (hebdo jardin) Côté campagne Le guitarier Ph. Dupré

98 / French guitare Jean-Pierre Favino, luthier Père / Fils Max Robin

Janv. 98 / Guitariste acoustik Le luthier Jean-pierre Favino Interview Olivier Garcia

Nov. 98 / Guitar part Les luthiers jazz folk et classique J-Pierre Favinos Bill Bôcquet

96 / Guitare et claviers Francfort Salon de Francfort 1996 Carmine Ghersi

96 / Guitar et bass Francfort Favino orfèvre- luthier Didier Aubert

95 / String jazz news Cruickshank Interview : Robin Nolan Swing Quartet…..John Friedrichs

Mars 95 / Guitare et claviers médiators info Jean-Pierre Favino

94 / Les cahiers de la guitare Interview : Raphaël Fays D. Ribouillault

94 / Bataclan n° 5 Toulouse infos spectacle Sarco Good Vibrations Jean-Pierre Favino

93 / Les cahiers de la guitare et de la musique, Reportage lutherie Danielle Ribouillaud

Oct. 93 / Guitar news Ban d'essai Le luthier du mois : Jean-Pierre Favino Jazz modèle 10 Mark Milon

93 / Centre presse . Souvenir d'un luthier

91 / Guitarist h-s S.O.S. LUTHIERS. Dix luthiers français : où laisser en confiance votre guitare….. J-P Favino D.Giorgetti

Fév. 90 / Paris normandie Pierre Pesnon Les dix cordes

86 / Guitare et claviers Jean-Pierre Favino 9, rue de Clignancourt 75018 Paris

86 / Disc Sous le projecteur Jean-pierre Favino :

84 / Guitare. & Claviers Monstres. Sympathies indiennes robert & Henri Claude Portal H.P Freakscraft

Télé 7 jours Enrico Macias, années 70

Fév. 2006 / GUITARIST ACOUSTIC N°8 / Brassens et Favino - Par Max Robin

...
En 1956, Brassens, envoyé par le chansonnier Jacques Grello, débarque chez Jacques Favino, pour remplacer la guitare qu'on lui a fauchée ("une grosse classique montée en acier, avec un cordier en plus du chevalet"). Jacques fabrique aussitôt le moule nécessaire. C'est le début d'une longue collaboration entre les deux hommes ("il était faiseur de tchansons comme on était faiseurs de guitare", précise Jean-Pierre Favino). Une douzaine d'instruments en sortiront, Brassens les achetant souvent par deux (il n'était pas rare qu'il en fasse bénéficier les amis).

Au point de vue lutherie, la spécificité du modèle "Brassens" tient à la combinaison de deux travaux mécaniques, afin de répartir la tension (quasi doublée) due à l'emploi des cordes Argentine ? sans pour autant brider la table à l'aide d'un barrage trop fort: la pression, exercée grâce au cordier, soulage en partie la torsion transmise par le chevalet. Ce caractére "hybride" explique dans une large mesure le timbre bien connu de l'instrument, cette sonorité tellement repérable sur les disques, mélange de rondeur et d'acidité, de chaleur et de scintillement. Seule la décoration de rosace variera selon les époques, les bois demeurant; quant à eux tout à fait standards (on note le choix de l'érable pour le manche). De temps en temps, Brassens montait les trois basses en nylon, ce qui avait pour effet d'accentuer encore le contraste entre graves et aigus. Pour Jean-Pierre Favino, qui a fabriqué trois des instruments destinés au chanteur, ce modèle "reste à découvrir", en particulier pour sa polyvalence (folk, jazz, classique...). Puis d'enchaîner sur "l'anecdote des barrettes": pour ne pas "déranger" Favino, Brassens, qui avait parfois certaines barrettes usées en haut du manche, prenait celles du bas pour les retaper en haut !
Ce qui explique l'état des guitares sur certains clichés pris à Bobino... Enfin, autre anecdote connue, celle de la "râpe": Brassens donnait un "coup de râpe" derrière le manche pour se constituer un repère tactile à un endroit donné, qui lui permettait de ne pas rater l'accord !
...

Retour en début de page...



Mars 2003 / GUITARIST MAG Jean-Pierre Favino De père en fils Par Max Robin

Favino est un des grands noms de la lutherie, associé à quelques artistes majeurs, comme Matelo Ferret ou Georges Brassens. Après avoir terminé les Arts Appliqués, Jean-Pierre entre comme ouvrier dans l'atelier de son père, avec lequel il travaillera de 1973 à 1978, année où Jacques Favino se retire définitivement pour "passer la main" à son fils. Si le nom des Favino reste indissociable de la fameuse "guitare jazz" type Selmer Maccaferri, le choix de Jean-Pierre de quitter Paris et le légendaire atelier de la rue de Clignancourt, au début des années 90, marque un changement d'époque.

D'un château l'autre…
Si, pendant une trentaine d'années, presque tout ce qui compte en matière de gratteurs de six-cordes a fréquenté à un moment ou à un autre l'atelier Favino, c'est que la gentillesse de Jacques avait permis qu'il devînt un "repaire" de musiciens. Tout en bénéficiant encore aujourd'hui de cette image de marque, Jean-Pierre, qui exerce seul depuis 1984, a ressenti le besoin de s'isoler : "C'était parfois un grand plaisir mais je n'avançais pas ! Les gens entraient et sortaient de l'atelier quand ils en avaient envie…". Difficile, dans ces conditions ( lorsqu'on est seul pour "répondre au téléphone, recevoir les clients, réparer, fabriquer, accueillir les musiciens qui passent faire le bœuf…"), de se concentrer sur son métier; surtout si l'on a, comme Jean-Pierre, pas mal d'idées en tête, et qu'on cherche à les développer. Celui-ci s'installe donc à Castelbiague, au pied des Pyrénées, dont le cadre naturel - superbe - favorisera l'éclosion de ses propres conceptions.

Le changement dans la continuité
Un "virage" aujourd'hui parfaitement négocié, si l'on en croit les chiffres, puisque Jean-Pierre a dorénavant devant lui un an et demi de commandes, au rythme d'une guitare par mois, soit une douzaine au total dans l'année. Si les "jazz" représentent toujours une part importante de la production (environ 50%), la "Brassens" revient en force, avec 30% des commandes, le reste se répartissant en classiques et folk, plus quelques instruments "hors normes". Il y a "un son" Favino, dont Jean-Pierre a toujours souhaité maintenir la spécificité. "Je n'ai jamais cherché ni voulu copier exactement la guitare Selmer. Tout le monde veut reproduire le son Django, en oubliant souvent que c'est Django qui joue ! Matelo Ferret, qui avait appris avec Django, mais qui ne jouait pas comme lui, avait un tel coup de plume qu'on le reconnaissait sur n'importe quelle guitare, y compris des "nylon" ! D'autre part, bien que j'emploie des bois de plus de vingt ans, on ne peut pas demander à une guitare neuve de sonner comme une guitare qui en a quarante. L'âge y fait énormément. Sur mes guitares, comme sur la plupart des instruments faits main !"

Le modèle Brassens
"Dany Brillant vient d'en acquérir une. C'est un modèle sympa mais très mal connu, que Brassens avait justement choisi à cause de sa polyvalence. On l'a qualifiée de "guitare d'accompagnement" pour que les gens puissent s'y retrouver, mais elle peut s'adapter à beaucoup de musiques différentes : jazz, bossa, classique même, bien que les cordes soient métalliques. Celles-ci sont attachées au cordier, en bas de caisse, et passent ensuite dans un chevalet classique. L'instrument bénéficie donc des deux mouvements : une poussée et une torsion, les deux forces s'équilibrant."

Evolution
"Dans mon travail, dans ma façon d'être, je fais beaucoup moins de gestes qu'avant, moins d'efforts, en essayant de réfléchir davantage à ce que je suis en train de faire. En matière de "son sur mesure", je réponds également mieux à la demande. C'est dans cette direction-là que je creuse. Je ne sais pas si un jour on peut cerner complètement le problème, on ne maîtrise jamais rien tout à fait, mais on peut resserrer et arriver à un résultat intéressant. Au fil du temps, quelque chose se développe, comme l'intuition ou le "sens" du métier. Je continue mes expériences sur les épaisseurs, les qualités de bois. Dans les montages intérieurs, par exemple, le choix de telle ou telle qualité d'épicéa, ou parfois de l'acajou, iront avec ce que je sens de la table (en testant sa souplesse et en la manipulant). Tout ça influe sur le son de la guitare. Personnellement, ça m'a permis d'évoluer et de savoir à peu près ce qui se passait avec tel ou tel bois." Jean-Pierre adore aussi expérimenter, comme avec cette "guitare réversible" construite pour Enrico Macias. "Au départ, il s'agissait simplement de construire un instrument à deux faces, réversible : deux guitares en une seule ! Je ne pensais pas qu'elle sonnerait aussi bien d'un côté que de l'autre. Ça bouscule pas mal de règles sur la lutherie… Ce qui prouve qu'on peut sortir des règles à chaque instant !"

Retour en début de page...



Guitares & claviers Les petites casquettes Yves Duteil P. Lafitan

..." La simplicité des chansons de Brassens, c'est une fausse légende. Prenez n'importe laquelle de ses chansons, vous n'allez pas trouver la moitié des accords qu'il joue. Pour découvrir l'autre moitié, faut plancher. Brassens, c'est une mine d'harmonies pour un guitariste. Attendez, vous allez voir… (Il revient avec une deuxième guitare et joue " Gastibelza. "
-C'est une douze cordes que vous avez là …
-Oui, mais elle est spéciale : ses cordes sont en nylon ! Un jour, comme ça, j'ai dis à Favino : " Moi, j'aime bien les douze cordes, mais c'est dommage, elles sont trop dures. L'idéal, ce serai de leur mettre des cordes en nylon ". Favino me regarde avec une lueur : " t'es pas bête toi… ". Et quelques temps après, voilà ce qu'il m'a remis. Ecoutez ce son comme il est cristallin. On est à mi-chemin entre la douze cordes traditionnelle et le luth. J'avoue qu'elle me fascine cette guitare. Quel son plein d'harmoniques ! Son magique…
-Favino depuis n'a pas créée d'autres guitares de ce type ?
-Non, elle est unique. C'est un bel hommage vous ne trouvez pas ? "……

Retour en début de page...



Oct. 99 / Rustica (hebdo jardin) Côté campagne Le guitarier Ph. Dupré

Appelé luthier où guitarier, Jean-Pierre est avant tout un fabricant de guitares artisanales, installé depuis une dizaine d'années à Castelbiague, en Haute-Garonne. "Je fabrique un instrument sur mesure en fonction de la demande de chaque guitariste, de ses habitudes de jeu. Je le regarde et l'écoute jouer. Sa guitare sera le reflet de sa personnalité " Il fabrique une quinzaine de guitares à six ou à douze cordes par an, pour lesquelles de quatre-vingt à cent heures de fabrication sont nécessaires.
La table d'harmonie est en épicéa, le coffre en acajou, en palissandre où en érable. Formé par son père, Jacques Favino, luthier installé à Paris en 1946, il fut bercé au son des guitares de Georges Brassens, Pierre Vassiliu, etc. " Mes 17 ans d'exercice professionnel en région parisienne m'ont permis d'acquérir l'expérience nécessaire pour satisfaire une demande exigeante en qualité ", souligne Jean-Pierre Favino. Il fabrique ainsi des guitares pour Jacques Higelin, Dany Brillant ou pour des artistes moins connus, des amateurs avertis, des collectionneurs à la recherche de la belle pièce. Le guitarier réalise également des restaurations, il entretient et répare toutes guitares : " il y a parfois des crevaisons spectaculaires, autrement dit des trous dans la caisse ! "

Retour en début de page...



98 / French guitare Jean-Pierre Favino, luthier Père / Fils Max Robin

C'est en 1973, à l'age de 21ans, après avoir terminé les Arts Appliqués, que Jean-Pierre Favino a véritablement commencé le métier, en entrant comme ouvrier chez son père, Jacques Favino, que tous les amateurs de " guitares jazz type Selmer " connaissent. Jean-Pierre " bricolait " évidemment depuis longtemps à l'atelier, donnant des coups de mains, regardant, écoutant, aiguisant son sens de l'observation, s'initiant aux rapports humains… Mais son père ne l'a jamais pressé. Il aurait même plutôt eu tendance à le décourager : " tâche d'avoir autre chose que ça sous la main " disait-il. La seule exigence du père à l'égard du fils fut de lui imposer des cours de guitare lorsque celui-ci eut demandé un instrument, à l'age de 13ans. " Si un jour tu fais des guitares, tu me remercieras. Ce sont les musiciens qui vont t'apprendre le métier… "
Entre 1973 et 1978Jean-pierre travaille avec son père, qui très progressivement, lui " passe la main ". La stimulation est venue d'un père " qui s'est plutôt effacé. Tout doucement il m'a laissé le territoire, de fait, il n'y a donc pas eu de " première guitare " :nous travaillions en équipe de quatre à l'époque, et je voulais connaître toutes les opérations…J'ai commencé à cesser de faire référence à Jacques, à ne plus penser systématiquement : tiens qu'est-ce qu'il ferait à ma place ?, à partir du moment où j'ai eu moi-même des enfants. " Tu trouvera tes mains " m'avait-il dit " …
Après le départ de son père en 1978, Jean-Pierre conservera les étiquettes Jacques Favino jusqu'en 1981, année de son inscription officielle au répertoire des métiers.


Luthier / Philosophe

Pour Jean-Pierre Favino, le métier est double. " D'un coté je suis au service de la personne ; je fais ce qu'on me demande de faire ; je fabrique un instrument de travail qui va servir pour la musique et le public. J'aime ainsi être au service des gens, fabriquer la guitare qu'ils ont envie d'entendre. Mais d'un autre côté, j'aime aussi inventer, mettre en pratique de nouvelles idées, proposer quelque chose de neuf, comme le musicien lui-même propose quelque chose au public .J'ai plaisir alors à fabriquer d'autres instruments, qui pourront " ouvrir des fenêtres " et influencer parfois la musique
Le bois est un matériau très malléable. La guitare est une spécialité qui commence à être " cernée ", mais il y a encore des tas de choses à faire. Le problème des expériences, c'est qu'elles mobilisent un temps pendant lequel… je ne me " nourris " pas ! Tout au moins pas directement. P
our avancer, il faut oser de temps en temps : il faut que je sorte ce truc-là !
Alors je fabrique…Faire est un verbe fabuleux. Les mains sont les premiers outils ".


Temps / Espace

" Très tôt, j'ai eu la volonté de travailler seul, dans le calme, ce qui était impossible à Paris, car les gents entraient et sortaient de l'atelier quand ils en avaient envie. De 1984 à 1990, J'avait trop de choses à faire en même temps : répondre au téléphone, recevoir les clients, réparer, fabriquer, accueillir les musiciens qui passaient faire le boeuf … C'était parfois un grand plaisir, mais je n'avançais pas. J'avais besoin de travailler dans le calme pour mettre mes idées en application ; un besoin de concentration et non de conversation !
Depuis longtemps j'avais envie d'habiter dans la nature. Dès que j'ai eu l'opportunité je l'ai saisie. C'est un choix de vie qui comporte ses risques, ses inconvénients, mais je ne le regrette pas. Je reçois maintenant sur rendez-vous, je me rends disponible. Par ailleurs, je suis ma clientèle trois jours par mois à Paris, chez Luc Degeorges. 31, rue de Reuilly dans le 12 eme On peut aussi me voir à Toulouse chez François Artige, 12 bis avenue de Lyon, près de la gare Matabiau.
La lutherie suppose un rapport au temps différent. Pour faire ce métier, il faut de préférence être manuel et ensuite être très patient " Il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se gourent jamais, disait mon père. C'est en te trompant que tu vas apprendre ". " Selon moi, il n'y a pas vraiment d'erreur, ni de hasard. Tu fais quelque chose, et tu obtiens un certain résultat. En fonction de ce résultat, tu décide ou non de faire autrement, c'est tout. C'est ma façon de penser.


Fabrication / Intuition

Ma production aujourd'hui est constituée en majeur partie du modèle jazz, qui marche bien depuis les années 60. Dans les années 70, il y a eu l'époque folk. Nous étions les seuls en France : la première douze cordes française est sortie de l'atelier Favino ! J'en fais encore de temps en temps. Je fabrique aussi des guitares classiques et des modèles " Brassens ", une guitare très polyvalente. Je construis une à deux guitares par mois. Pour moi, c'est un bon rythme
Je travaille toujours sur un épicéa que j'ai acheté quand j'avais 22 ans et j'en ai 45 ! Il m'en reste encore pas mal. J'ai aussi de l'érable et de l'acajou que j'avais acheté à cette période- là , plus des restes qui me vienne de Jacques. De temps en temps, je rachète des lots. Le bois n'est pas pour moi un sujet d'inquiétude. Ceux que j'utilise ont au moins 10 ans d'âge, entreposés chez moi à couvert. Parfois je les retourne, je les bouge un peu pour savoir où j'en suis
Chaque luthier a un son, se distingue par une particularité sonore et un abord physique de l'instrument différent, lié au poids, àà la préhension… Pour les musiciens, je pense que c'est d'abord le son qui prime. Le travail sur mesure me conduit aussi à privilégier le confort de jeu,outre le souci esthétique auquel je suis également sensible
En ce qui me concerne, j'ai la " main verte " mais la main électrique. J'ai essayé à une époque, mais " à chacun son métier "
Je travaille plus à l'intuition qu'en mesurant. J'aime l'expérimentation. On se doute de ce que ça va donner, mais on ne sait pas exactement… Le moment où l'on met les cordes est toujours assez jouissif ! Si la guitare ne plait pas, j'en refais une
Il faut savoir qu'un instrument " s'assoit ", qu'il se fait avec le temps. Le son est jeune au dé part, il faut jouer beaucoup pour le " faire ". C'est quelque chose que les violonistes connaissent bien.
Pendant que je fabrique un instrument, je pense à la personne à qui il est destiné ; je considère cette personne-là . L'invisible, c'est ce qui se passe entre les gents. Je vis avec ce sentiment-là toujours. C'est pour cela que j'aime croiser la personne avant, ou simplement connaître son écriture. Je fais de la graphologie sans le savoir…

Retour en début de page...



Janv. 98 / Guitariste acoustik Le luthier Jean-pierre Favino Interview Olivier Garcia

Entre tradition et innovation, Jean-Pierre Favino maintient le nom comme la passion que lui a transmise son père au plus haut niveau. De Brassens à Raphaël Fays, du Tokyo Hot Club Band à Doc Watson, entretien avec un maître.

- Tu as évidemment débuté dans l'atelier paternel, la passion s'attrape alors ?
Oui cela s'attrape. J'ai mis les mains dedans à partir de 16 ans, j'allais à l'atelier dès que l'école et les sorties m'en laissaient le temps. Classiques, jazz ou folk, quand un guitariste voulait quelque chose de particulier, il venait chez Favino. Cela me plaisait, mon père a même fait une guitare à cordes sympathiques avec manche creux a cœur, comme un sitar

- Quelles ont été tes premières réalisations personnelles ?
Je me suis d'abord intéressé aux guitares classiques et au folk, parce que j'en jouais, puis aux jazz qui exigent la main. La maison a fait les premières 6 et 12 cordes folks en France. J'ai continué dans la veine de cette tradition, différente des modèles américains, avec un barrage en éventail plutôt qu'en X, qui, pour moi, produit des instruments moins équilibrés sonnant surtout les mediums. Mon apport, c'est la combinaison moitié X moitié éventail

- Tu es porteur d'une tradition de guitares jazz que tu as fait évoluer aussi…
Doucement, car les gents s'attachent aux traditions. La construction d'une guitare jazz est particulière : la table étant bombée, le niveau des échancrures est plus haut que les extrémités dans la plus grande largeur, L'angle de renversement du manche vers l'arrière exige une façon spéciale de dresser les éclisses et le talon. Des guitares à faire une par une, pour avoir ce rendu particulier.

-Outre cela, quelles sont tes principales différences avec un fabricant en série haut de gamme ?
Je sais pour qui je fabrique, et pourquoi.

-Utilise-tu des barrages allégés ?
Cela dépend des demandes. Si le guitariste désire plus d'aigus, la table doit être un peu plus durcie. S'il veut beaucoup de basses, J'allège modérément car l'instrument ne doit pas résonner comme un tonneau, il doit chanter. L'équilibre se trouve aussi dans les essences : une table en cèdre ou en séquoia pour que la guitare sonne tout de suite, en épicéa si l'on peut passer un ou deux ans à la " faire ". L'épicéa a une meilleure tenue mécanique et sonore dans la durée. J'emploi des bois d'en moyenne 20 ans, au minimum 15 ans.

-Combien de guitares fais-tu par an ?
Moins de 20.

-Quelle est ta fourchette de prix ?
J'ai une petite jazz, la Princesse, qui démarre ma gamme à 12000 Frs. La moyenne tourne autour de 25000 Frs et monte jusqu'à 31000 Frs.

Le conseil de Jean-Pierre Favino
Achetez un hygromètre pour 200 Frs chez un opticien. Si chez vous, il affiche 55-65 degrés hygrométriques, tout baigne. En dessous, humidifiez en plaçant des saturateurs sur vos moyens de chauffage. Au dessus, desséchez en supprimant les évaporations et en aérant.
Merci pour elle.

Retour en début de page...



Nov. 98 / Guitar part Les luthiers jazz folk et classique J-Pierre Favinos Bill Bôcquet

C'est à l'age de vingt et un an, en 1973, que Jean-Pierre commence le métier de luthier en entrant comme ouvrier dans l'atelier de son père Jacques Favino, célèbre facteur de guitares jazz type Selmer.
Pendant les cinq années qui vont suivre, le père transmet son savoir-faire au fils qui progressivement s'émancipe en développant sa propre vision de la lutherie. Le père cesse ses activités en 1978. Malgré cela Jean-Pierre conserve les étiquettes Jacques Favino jusqu'en 1981, date de son inscription à la chambre des métiers.
Sa production actuelle est constituée principalement du modèle jazz, qui remporte le même succès que dans les années 60, période pendant laquelle la première 12 cordes française sort de l'atelier Favino, ainsi que les premières folk qui se multiplieront dans les années 70.
Il fabrique aussi quelques guitares classiques et des modèles Brassens, une guitare très polyvalente
Pour lui, le bon rythme de travail c'est deux guitares par mois. La gamme qu'il propose commence avec la Princesse, une petite guitare jazz à 12 000 Frs . Les hauts de gamme avoisinent les 30 000 Frs
Brassens, Raphaël Fays, le Tokyo Hot Club Band, ou encore Doc Watson ont craqué sur les guitares Favino

Retour en début de page...



96 / Guitare et claviers Francfort Salon de Francfort 1996 Carmine Ghersi

….Le luthier français Jean-Pierre Favino sort la Satya pour le cinquantième anniversaire de l'atelier (non, il n'est pas si vieux que ça, c'est son père, Jacques Favino, qui le tenait avant), une acoustique à la forme très particulière, qui semble tourner dans un mouvement de swing. Elle est décorée de nacre et de zircon, possède une table en spruce, renforcée par un barrage très original, elle est équipée d'une électronique active FWF. Attention, elle ne sera construite que cette année !

Retour en début de page...



96 / Guitar et bass Francfort Favino orfèvre- luthier Didier Aubert

La guitare que vous voyez ici est un modèle exceptionnel, et ne sera fabriquée que cette année, en quantité bien évidemment limitée. La table est en spruce, les éclisses et le fond en palissandre brésilien, la touche en ébène. Les incrustations en nacre et zircon.
Ce bijou fabriqué à la main par Jean-Pierre Favino est vendu 60 000 Frs

Retour en début de page...



95 / String jazz news Cruickshank Interview : Robin Nolan Swing Quartet…..John Friedrichs

You play a Favino John
Yes
What made you chose the Favino above anything else ?
The price. Icould get it cheap. I also knew it wes a good guitar, probably one of the best I played.
As a rythm player, do you look for something different in a guitar than Robin would as a solo guitarist?
As a rythm player, I realy like a very dry sound. The new Favino have much more volume, bass and treble.I think the new one are much better for soloists.
Robin Nolan :
Yes. The new Favino si great. I use it for the Italy Gig and at Georges Harrison's
....

Retour en début de page...



Mars 95 / Guitare et claviers médiators info Jean-Pierre Favino

Ce luthier désormais installé dans le sud de la France a sorti un catalogue de ses modèles qui reflète bien la qualité de ses instruments.
Parmi eux on remarque une guitare jazz de type gitan (style Selmer ou Macaferri),
une cordes nylon, un modèle Georges Brassens ou encore le modèle Verseau à deux faces et deux manches : un côté cordes acier, l'autre cordes nylon.
Bien sûr, Jean-pierre Favino fait également des acoustiques plus traditionnelles, tout comme des concepts plus modernes ; le mieux est de le contacter.

Retour en début de page...



94 / Les cahiers de la guitare Interview : Raphaël Fays D. Ribouillault

…/...
D…Difficile de parler d'un musicien sans parler de ses instruments…
R : C'est vrai ! Pour moi, ils comptent tellement, je joue sur une guitare créée par monsieur Favino père, et sur une autre créée par monsieur Favino fils, mais j'ai aussi une Théo Sharpach (hollandaise), une Audirac et une Ramirez avec cordes Savarez, tellement utile pour travailler le potentiel d'énergie …/...

Retour en début de page...



94 / Bataclan n° 5 Toulouse infos spectacle Sarco Good Vibrations Jean-Pierre Favino

Jean-Pierre Favino œuvre dans un atelier caché au pied des Pyrénées où l'odeur du bois qui sèche, des colles, des vernis, vous monte aux neurones dès que vous en franchissez la porte.
Maître luthier, il fabrique des guitares depuis l'âge de 20 ans. Apprenti dans l'atelier que son père crée en 1946, sa formation fut totalement artisanale. Il apprend le métier en démontant et réparant les guitares des autres, pour comprendre toutes les techniques utilisées, jusqu'au jour où il se lance dans la réalisation de son premier instrument.
Nous avons vu des merveilles dans son atelier : des guitares folk, classique et jazz, traditionnelles où à plusieurs manches, à cordes multiples (entre six et vingt, trente…) des instruments tellement personnalisés qu'on les appelle guitares simplement parce qu'on a pas d'autre mot qui vient à l'esprit, mais des instruments tellement beaux et sonores ! Jean-Pierre Favino réalise en moyenne deux guitares par mois mais sa production annuelle peut aller jusqu'à trente instruments en fonction des commandes.
Toutes ces guitares sont uniques puisque réalisés conjointement avec les musiciens qui les demandent, toutes les idées sont bienvenues, Yves Duteil par exemple commandant la seule guitare douze cordes Nylon existante.
Sa clientèle vient de toute l'Europe et même de Norvège où d'Islande
Vous pouvez retrouver Jean-Pierre Favino chez Musiques Services où il a un second atelier pour les réparations de guitares toutes marques. Il vous y accueillera aussi chaleureusement qu'il le fit pour nous.

Retour en début de page...



93 / Les cahiers de la guitare et de la musique, Reportage lutherie Danielle Ribouillaud

….citons Jean-pierre Favino, lui aussi d'un grand éclectisme. Il propose tous les styles de guitare classique, jazz, folk, 12 cordes ( Un des rares à suivre cet instrument qui est en ce moment moins utilisé ), 10 cordes folk, instruments à cordes sympathiques, l'étrange guitare réversible en X, à deux ouies, deux manches, deux pans coupés etc.… Curieux de tout, il se veut très ouvert et jamais cantonné dans un style. (Modèle concert classique : 24000 fr.)

Retour en début de page...



Oct. 93 / Guitar news Ban d'essai Le luthier du mois : Jean-Pierre Favino Jazz modèle 10 Mark Milon

Et toujours, chez guitar news, dans la rubrique " le luthier du mois " et dans mon panthéon personnel de " Les plus belles guitares du monde !.. " (Allons Jean-Pierre ne sois pas modeste !)
Ce mois-ci une guitare à Favino : la jazz modèle luxe. On parlera de ses folks et de ses classiques une autre fois.

Effectivement, quand on ouvre l'étui (livré avec) de l'instrument c'est…AGA comme dirait l'autre. Une merveille, de beauté, de jolie, de rah lovely !!...
Petite description, guitare de forme jazz à pan coupé, cordes acier, table épicéa 1er choix, éclisses et fond palissandre de rio, manche érable ondé, touche ébène, chevalet palissandre et cordier ébène, Jean-Pierre n'a pas lésiné sur les bois !
Et je ne vous parle pas de tout le reste, à savoir le filet de bord de table (et de dos) en 8 parties palissandre de rio, charme blanc, charme noir, le placage de tête ébène/palissandre/érable/palissandre. On a affaire à de la grande lutherie
Le vernis ressemble peu à ce qu'on a l'habitude de voir sur des guitares : à savoir un vernis cellulosique, 5 couches, poncé et poli. Un vernis peu épais et restant souple ce qui permet de laisser chanter et vibrer le bois, tout en assurant ce pour quoi il est fait : la protection du bois.
Pas de " miroir " donc, comme sur certaines guitares avec des vernis " 15000 épaisseurs " qui emprisonnent le son et la vibration.
Encore une preuve de ce savoir faire de Jean-Pierre Favino : l'important n'est pas dans l&a beauté d'un vernis qui présente bien mais dans la finesse de celui-ci qui laissera chanter l'instrument, et n'enlèvera rien à la beauté et à l'aspect général de celui-ci.
A signaler aussi, dans l'esprit " le détail qui tue " que le cordier est en ébène taillé dans la masse, fait à la main, et personnalisé au initiales du futur possesseur de l'instrument. Un cordier qui au niveau du son s'avère moins métallique que l'original, plus chaud sans cependant provoquer de perte d'attaque
Les mécaniques sont des Schaller HNI 2. Et puis regardez les photos, elles parlent d'elles-mêmes !!
Cette fois-ci on ne branche pas, on joue tout simplement .Le toucher est quasi divin, peut être les cordes peuvent sembler hautes mais bon, Jean-Pierre se fera un plaisir de vous les baisser. Et puis ce type de réglage fait partie intégrante du son recherché.
L'équilibre sonore est hallucinant : les basses, les medium, les aigus se détachent chacun avec une finesse et une netteté incroyable, que ce soit un peu " manouche gitan " ou jazz plus moderne, le son est magnifique. La polyvalence est énorme, plus importante que sur une Selmer peut être un trop typée Django. Là , non. La Favino est au regard de son créateur : ouverte. Et pourquoi pas tenter un peu de blues. Elle n'est pas vraiment faîte pour ça, mais le son y est toujours.
L'instrument est puissant, clair, riche de ses harmoniques chaudes et fines qui révèlent la qualité de sa lutherie. Un instrument neuf pour l'instant, mais qui aux vues d'autres guitares
de Jean-Pierre Favino devrait se bonifier. Et oui, une bonne gratte c'est comme un grand cru !
Cette guitare est fabuleuse, belle, bonne et douce et encore…Pour un son plus Django, plus gitan, voir les autres modèles de Jean-Pierre. Néanmoins celle-ci, (jouée notamment par Raphaël Fays) devrait vous permettre d'atteindre la sérénité jazzistique !
Et bien moi je dis oui, essayez-là ! Bien que le prix ne soit pas à la portée de toutes les bourses (17800 fr), c'est quand même du sur mesure, entièrement faite à la main et dont les réglages sont garantis à vie.
Ce n'est pas comme pourraient croire certains une copie Selmer.C'est une Jean-Pierre Favino ! Et ce n'est pas les utilisateurs de ses instruments qui me contrediront.
Un choix pour la vie en quelque sorte.

Retour en début de page...



93 / Centre presse . Souvenir d'un luthier

Jean-Pierre Favino s'en souvient comme si c'était hier : Quand Georges Brassens venait à l'atelier pour se commander une guitare, ou s'en faire réparer une tout le monde s'arrêtait. Parfois, quelques copains suivaient le moustachu, et ils faisaient le bœuf. Mais même quand il venait seul, Georges Brassens était accompagné de quelques bouteilles de rouge, histoire d'avoir le temps de causer avec le " père Favino " . " C'était un endroit magique ", se souvient Jean-Pierre. Tellement et même trop. De ces lieux où le passé a pris une telle densité qu'il peut en devenir difficile à respirer. Surtout quand on a décidé de chercher son propre souffle.
Voilà pourquoi Jean-Pierre a décidé de quitter Paris, il y a trois ans, pour aller se poser aux pieds des Pyrénées, entre Saint Gaudens et Saint Girons, à Castelbiague exactement
Mais tous connaissaient déjà la route…. C'est là qu'ils viennent se faire fabriquer leurs guitares sur mesure. Et les manouches sont les plus fidèles, eux, les rois du swing et de la bricole, devant une Favino, ils s'inclinent
Samedi, Jean-Pierre Favino s'est pointé à Rodez avec un press-book gros comme ça. Pas pour frimer, non, mais simplement pour donner à rêver aux amoureux de la guitare réunis à la MJC. Et ils ont rêvé ! Pas seulement devant cette galerie d'artistes photographiés à l'atelier, ou sur scène avec leur Favino. Mais aussi devant toutes ces guitares, qu'elles soient électriques, acoustiques ou électro-acoustiques, folk, jazz ou classiques. Et toutes celles inventées. Celles qui ont des rosaces comme des yeux pour rire ou pleurer. Celle qui ont des doubles manches ou encore celle qui ont pour greffon tout un réseau sophistiqué de cordes sympathiques Il y a aussi la " Verseau ", une invention 100% Favino fils : celle-là , dotée de deux manches qui se tournent le dos, se joue recto et verso (pratique, quand on veut avoir sous la même main une guitare aux cordes acier et une autre aux cordes nylon).
Mais ne dites pas à Jean-Pierre Favino que c'est artiste. Lui préfère le terme d'artisan luthier. " Je ne fais pas des œuvres d'art, mais des outils " explique-t-il. Des outils qu'il s'efforce d'adapter au plus près au besoin de l'artiste. " Respecter ses moindre désirs ", dit-il. Pour Brassens, par exemple, le père Favino avait construit un moule spécial. Car le sétois, un peu rital dans les veines, recherchait un type très particulier d'instrument : ni jazz, ni folk, mais les deux à la fois. Georges Brassens, pourtant, commençait tous ses concert avec sa première Favino. Fidèle. Jean-Pierre Favino se souvient qu'elle portait des encoches sous le manche, taillées par l'artiste, du temps où il apprenait encore. Il y a des souvenirs comme ça qui vous laissent une encoche

Retour en début de page...



91 / Guitarist h-s S.O.S. LUTHIERS. Dix luthiers français : où laisser en confiance votre guitare….. J-P Favino D.Giorgetti

Héritier de la tradition paternelle, il travaille depuis dix huit ans pour le plus grand bonheur des amateurs de guitare " manouche " type Selmer qui représente 70% de sa fabrication. Il est capable de tout faire : du classique au folk en passant par les doubles manches acoustiques dont celle présentée à Issoudun et qui fut un des " Highlights " de Guitarexpo 91
Venu tardivement à l'élecroamplification, il aimerait équiper ses instruments de micros Ovation " ce sont les meilleurs mais impossible de s'en procurer. le C-Ducer marche bien aussi. Mon préampli a été mis au point par Jacques Gotti que les gens du métier connaissent bien. Finalement, j'ai opté pour le PR 400 qui équipe beaucoup de marques japonaises. Il est petit, léger et fiable. Mais il se pourrait que je change pour le système FWF…

Retour en début de page...



Fév. 90 / Paris normandie Pierre Pesnon Les dix cordes

La musique est fascinante. Pour une première, dans la petite salle des fêtes de Normanville, c'est une première. Pierre Pesnon est seul avec sa guitare. Et pourtant on dirait qu'ils sont trois, quatre.
Laissons planer des sonorités à la fois indiennes et américaines. Le plaisir est intense avec cette impression d'avoir un mélange de guitare acoustique, slide ou même classique. Un miracle dans le domaine de la création, qui ne sera pas aussi éphémère que tous ces gadgets mécanico- synthétiques.
La guitare est une véritable guitare en véritable bois des îles pour éviter les distorsions aux changements de température. Réalisée par Jean-Pierre Favino, luthier de Brassens, Beart… Il a fallu près de quatre ans et demi à Pierre Pesnon, pour trouver une technique propre à cet instrument
" C'est assez difficile d'aller voir Favino pour lui demander de réaliser ce prototype. Ayant l'habitude de travailler pour des artistes reconnus, ce n'était pas évident qu'il accepte. Il m'a écouté pratiquement sans m'interrompre et m'a donné son accord. Pendant le temps du montage, il m'a envoyé une maquette du manche, qui éait bien entendu bien plus gros qu'un " normal ". Alors pendant des semaines, je me suis promené avec du sapin dans la poche pour me familiariser.
Le but d'une 10 cordes " acier "est tout simplement de remplir un espace en donnant l'impression d'être trois sur scène. De plus, il n'y a pas le même jeu. Un musicien seul ne réagit pas comme un groupe. Cohérent et seul maître à bord, il y a une fusion dans la musique…..
Cela fait bientôt cinq ans qu'elle est réalisée. Favino est certain que c'est la seule existante en Europe. Des musiciens comme Narcisso Yèpes ou Egberto Gismonti C'étaient dirigés vers ce type de guitare, mais uniquement dans le domaine classique et avec du nylon. Aujourd'hui, ma technique assimilée, je peux la sortie de son étui pendant un concert
Il ne serait pas rare, dans quelques mois, d'apprécier à sa juste valeur, la dix cordes de Pierre Pesnon.

Retour en début de page...



86 / Guitare et claviers Jean-Pierre Favino 9, rue de Clignancourt 75018 Paris

A 33 ans, Jean-Pierre Favino jouit déjà d'une grande réputation dans le milieu guitaristique français. Spécialement dans le domaine des guitares classiques, folk et jazz traditionnelles qu'il fabrique uniquement sur mesure.
Jean-Pierre Favino poursuit également des recherches sur l'acoustique en réalisant des instruments expérimentaux.
L'excellente facture des guitares Favino a déjà comblé bon nombre de professionnels parmi lesquels on peut citer Colette Magny, Georges Brassens, Enrico Macias, Maxime Leforestier, Yves Duteil...

Retour en début de page...



86 / Disc Sous le projecteur Jean-pierre Favino :

Jean-Pierre Favino, 33 ans, père de deux garçons de sept et dix ans, entre dans une école d'arts appliqués juste après la seconde. Quatre ans plus tard, il obtient son diplôme et devient l'élève de son père.
Etabli à son compte depuis 81, Jean-Pierre s'est spécialisé dans la fabrication de guitares acoustiques, classiques, jazz et folk. Sa philosophie personnelle se résume ainsi : réaliser sur demande l'instrument qui respectera le moindre désir du guitariste. Comme il le dit lui-même : " Je ne fabrique pas des oeuvres d'art, mais des outils qui doivent permettre de réaliser le travail pour lequel ils ont été conçus ".
Si la satisfaction du guitariste passe avant toute chose, Jean-Pierre Favino n'en dédaigne pas pour autant la recherche de nouveaux concepts, et il y consacre ses rares moments de libre.
En dehors de son amour de la lutherie et de la musique, Jean-pierre se passionne pour la science- fiction, la lecture, le dessin et ses sports préférés sont la natation et la marche.

Retour en début de page...



84 / Guitare. & Claviers Monstres. Sympathies indiennes robert & Henri Claude Portal H.P Freakscraft

Les instruments de musique évoluent presque toujours à l'issue de la collaboration du musicien et du luthier. La guitare change de forme, s'électrifie, lorsque Merle Travis rend visite à Paul Bigsby ; elle voit sa caisse de résonance disparaître quand Les Paul rend visite à Gibson ; ses boutons de réglage changent de place quand Roy Smeck le demande à Harmony, etc. De ces accouplements musiciens-luthiers naissent aussi des monstres inutilisables, dignes de la baraque foraine, du musée des curiosités, ou plus simplement de la poubelle. Et bien voilà justement ce qui nous intéresse ! Ces avortons difformes jalonnent l'histoire de la musique, et nombre d'entre eux méritent bien mieux que la poussière d'un grenier, ou les sarcasmes des amateurs d'ordinaire.
Les frères Portal orientés vers la musique indienne, à un moment de leur carrière de guitaristes, sont séduits par le sarode ; mais plutôt que d'en apprendre sa technique, ils vont essayer de bricoler leurs guitares. Ils ne sont pas les premiers. Rappelez-vous la guitare-sitar électrique fabriquée par Danalectro au début des années 70, ou l'instrument à cordes sympathiques de John McLaughlin, mais peut être ont-ils été plus loin encore.
Le premier monstre naît en septembre 1979, fabriqué, comme ceux qui vont suivre, par Jean-Pierre Favino. C'est une guitare théorbée, dotée de dix-huit cordes sympathiques, déjà décrite dans Guitare Magazine. Son jeu ne diffère pas de celui d'une guitare ordinaire. Plus intéressant est le modèle fabriqué en Avril 1983 : il s'agit cette fois d'un véritable hybride, une guitare sarode. Les six cordes mélodiques reposent sur un tambourin modèle courant, inclus dans la caisse, un peu comme le résonateur des Dobros. La touche est en métal " Delta " fournie par Vigier. Les cordes sympathiques sont au nombre de vingt, plus quatre cordes rythmiques dites " chikari ". L'instrument est lourd, déséquilibré, peu maniable, la tension des cordes a déformé une partie de le table et le sillet supérieur est trop encombré pour être efficace. Beaucoup de défauts mais tous réparables, et la sonorité est tellement surprenante que l'on oublie ces petits détails.
D'ailleurs, la famille Portal vient de s'agrandir ; En Juin 1983 est né un petit dernier, forme jazz, équipé de dix-huit cordes sympathiques et de trois cordes rythmiques, plus esthétique, plus agréable, pas loin de la perfection.

Retour en début de page...



Télé 7 jours Enrico Macias, années 70

Son véritable prénom, celui que l'état civil de Constantine, Algérie, a
enregistré un matin de décembre 1938, c'est Gaston. Gaston Ghrenassia est devenu Enrico Macias.
Pour les affiches, celles dont il rêvait sur un accord de guitare, et qui parsèment
maintenant tout Paris. Il y a douze ans, il symbolisait un paradis perdu, un paradis éclaboussé de soleil et d'accent chaleureux. Les évènements d'Algérie ont fait de lui le chantre des joies et des regrets d'une minorité déracinée. Depuis, il a prouvé qu'il aimait autant les filles de son pays que les gens du Nord.
Le Barde " pataouète " est devenu une vedette internationale, mais pour ses amis de la première heure, il est resté Gaston.
" Je ne me sens pas très différent de ce que j'étais à mes débuts, j'ai plus d'expérience, de métier, comme un boxeur en acquiert à force de monter sur le ring. Mais je tiens beaucoup à garder une certaine spontanéité. C'est très important pour moi. "
La guitare c'est sa passion, elle fait partie du personnage. Une carte de visite aux courbes nacrées, façonnée pour lui par Favino, un des derniers artisans de Paris. Son luthier et son ami. " Mon porte-bonheur " comme il dit.
" A l'époque, je n'avais pas un sou. Dès que j'ai touché cette guitare, j'ai su que c'était l'instrument qu'il me fallait, celui dont j'avais toujours rêvé. Favino me l'a donnée en me disant : " tu paieras plus tard, quand tu pourras ". C'est ça l'amitié, non ?

Retour en début de page...